1 // PRÉPARER LA TERRE

Je prépare une partie de l’argile servant à ma production.

C’est un Grès blanc provenant d’une ancienne carrière de sable pliocène située à Saint-Jouan-de-l’isle.

Comment la préparer ?

1 — L’argile est stockée au sec après avoir été dehors pendant une dizaine d’années.  Son exposition aux intempéries est importante car son pourrissement lui donne de la plasticité et l’effet du gel fractionne l’argile et l’affine.

2 — L’argile est mise à tremper dans un bac.

3 — Malaxage jusqu’à obtenir une belle barbotine

4 — Séchage de l’argile sur plâtre ou briques plâtrières

5— Battage de l’argile pour enlever les bulles d’air, jusqu’ici je faisais cela à la main, maintenant la Boudineuse va faire cela à ma place…

2 // TOURNER, MODELER, ESTAMPER

*Le tour électrique

*Les outils et l’établit pour battre la terre

*La Crouteuse qui permet de faire des plaques

* Le four à bois Girel3e construit au début de l’année 2023.

Voir les détails de construction dans la rubrique « Ressources »

3 // L’ÉMAIL

Dès la première cuisson de grès j’ai commencé à fabriquer mes émaux à partir de matières minérales récupérées dans la région.

Pour y arriver j’ai lu et relu le « Livre du Potier » de Bernard Leach, Lambercy « les matières premières céramiques et leur transformation par le feu », De Montmollin « pratique des émaux  1300°  minéraux, roches et cendres», Alain Valtat « l’élément fer dans les glaçures » et « émaux de cendres ». Enfin le livre « l’Art des cinq éléments » de Jean Girel édité par la Fondation de Baur m’a beaucoup éclairé sur la pratique des émaux orientaux.

La récupération des matières nécessaires à la fabrication d’un émail est toujours un prétexte pour faire de belles rencontres et se balader .

Cette manière de vivre la poterie ouvre  l’imaginaire, et  atténue notre dépendance aux géants industriels comme Imerys et compagnie qui exploitent et saccagent partout dans le monde et en Bretagne aussi.

Les matières récoltées sont d’abord  testées puis utilisées pour fabriquer l’émail. Nous avons tout ce qu’il faut sous nos pieds pour faire nos émaux nous même, c’est peut être plus de travail mais en sachant utiliser les ressources qui nous entourent nous gagnons en autonomie et en liberté. C’est une pratique collective car nous échangeons beaucoup entre collègues à propos de nos expérimentations.

 Les matières utilisées pour fabriquer les émaux :

Toutes les cendres sont issues de combustion dans des poêles à bois ou cuisinières à bois,  elles sont à chaque fois récupérées car considérées comme un déchet sinon.

Tests de cuissons d’échantillons de cendres pur afin de confirmer leur nature (teneur en silice, CAO )

Récupérées sur la côte,  chez des tailleurs de pierres sous la scie à eau qui en découpant les blocs de roche génère une grande quantité de poussière . Nous en trouvons aussi dans certaines carrières de granit sous forme de « fine de carrière », considérées comme déchet et stockées dans des bassins .

Tests de cuissons de différents granits :
Tests de cuissons de différentes argiles du Trégor et du Cotentin

4 // CUISSON

La surprise au défournement ! Chaque fois c’est l’occasion d’apprendre.

C’est le moyen de cuisson que j’utilise depuis le début de mon apprentissage.
Le coût de construction  d’un four est relativement abordable si on le construit soi-même .
Le combustible est accessible autour de nous, surtout à la campagne.
Les résultats sont le reflet des atmosphères oxydantes ou réductrices au cours de la montée en température mais également à la redescente. Cela permet de réaliser de nombreuses variations pour un même émail. La courbe de température dépend de la conduite de cuisson, de l’humeur des cuiseurs, de l’état de séchage du bois, de la météo.

 Le four a bois

*Four Girel3e,
*Volume : 650L
*Conso de bois : environ 300kg de bois
*Temps de cuisson : entre 8h30 et 11h

Construit en février 2023, à partir des plans mis en ligne par l’équipe des pionniers du four GIREL3E. Un grand merci pour ce partage, fruit de longues années de réflexion sur les fours à bois.

Ce fût 4 semaines de chantier pour avoir un four qui marche bien.

Télécharger les plans de construction du four
Mai 2025 :

Après une douzaine de cuissons, j’ai décidé de remplacer la hotte en métal par une hotte maçonnée en briques réfractaires et isolantes. Pourquoi ?

Parce que le métal n’aime pas les hautes température, je retrouvais après chaque cuisson des copeaux de fer rouillé sur la sole à la base de la cheminée. De plus, les parois métalliques de la hotte rayonnent beaucoup la chaleur, ce qui ne me mettait pas à l’aise sur le risque d’incendie. En effet j’ai un élément de la charpente passant à 45 cm de la hotte  qui a commencer à prendre feu lors de la première cuisson….heureusement tout s’est bien terminé !

L’enduit des parois extérieures du four a été réalisé en 3 couches :

  • La couche d’accroche très liquide
  • La couche de corps, composée de kaolin, rejets de tamisage d’argile,  rejet de tamisage des cendres et paillette de lin. En gros des matières dont je n’avais plus l’usage pour la poterie.
  • La couche de finition : kaolin agricole  : 1 part / Paillette de lin : 1 part

Ce four est avantageux par sa faible consommation d’environ 1 m³ de bois sec par cuisson en faisant un palier d’1h à 1280° puis un autre palier au refroidissement.

Son ergonomie pour toutes les étapes, de l’enfournement au défournement permet de garder un dos en bon état…